Saint-Nazaire et Lorient : Aker revend sa part des chantiers acquis en 2006 !
En fait, il s'agit de la revente par la holding Aker (société financière contrôlant le groupe) de ses 40 % de parts dans le capital d'Aker Yards, sa filiale propriétaire de 17 chantiers de construction navale répartis dans sept pays essentiellement européens (avec un projet en cours au Vietnam). Les dernières années ont vu à la fois le renforcement du puissant groupe Aker Yards (7 acquisitions depuis 2000) et le désengagements progressif de la holding Aker, qui possédait encore 55 % du capital au moment du rachat des chantiers bretons, mais 75 % en 2004. De ce qui pouvait donc encore passer en 2004 pour de la gestion de patrimoine industriel, on est progressivement passé à la gestion boursière. C'est d'ailleurs la part des banques et fonds d'investissements dans le capital qui a crû pendant cette période, et qui devrait croître encore à l'occasion de la cession en cours. On a déjà vu notamment le fonds "suédois" SEB entrer à plus de 10 % du capital, alors que les autres partenaires se situaient plutôt, jusque-là, autour de 3 %. Les salariés (de Bretagne, de Norvège, de Finlande ou d'ailleurs) craignent évidemment que cette évolution de l'actionnariat compromette la pérennité de l'activité : les fonds d'investissements ne sont pas réputés pour l'intérêt qu'ils portent à la rentabilité à long terme... Or, si tous les chantiers d'Aker Yards ont, en gros, pour deux ou trois ans de carnets de commandes bien remplis, ce qui crée des conditions idéales pour la revente en bourse, la construction navale est une activité dont les aléas restent présents dans tous les esprits. Le maintien de l'avance technologique est une des meilleures garanties. A Saint-Nazaire (le quart du chiffre d'affaires du groupe), on attend la confirmation d'investissements tels que la réalisation d'un nouveau portique, négligée par Alstom.
Le Peuple breton de février 2006 titrait sur le rachat à Alstom, par le groupe norvégien Aker, des chantiers navals de Saint-Nazaire (Chantiers de l'Atlantique, 3000 salariés directs), auxquels il faut associer ceux de Lorient (Ateliers du Rohu ou Chantiers Leroux, 116 salariés directs). Un an après, on apprend brutalement la remise en vente de ces chantiers.