Sénat, Académie et langues : la réaction nationaliste française.
Assemblée la plus mal élue de la République, symbole d'un pays momifié dans son XIXème siècle, le Sénat a donc refusé la simple mention des langues régionales dans la Constitution, suivant en cela l'avis de la Réac'Adémie française.
Nous ne prendrons pas la peine de citer dans ce court article tous les phares de la pensée intervenus en séance. Jean-Luc Mélenchon et Michel Charasse ont joué leur habituelle partition nationaliste. Jean-Pierre Fourcade a donné sa version d'une argumentation populiste, dénuée de fondement scientifique mais souvent entendue : "Nos enfants parlent texto, il faut renforcer le français et ce n'est pas en faisant appel aux langues régionales.".
La consultation du site de cet ancien ministre de Giscard nous apprend aussi que la majorité sénatoriale avait accepté en commission le dispositif des députés ! Comme les sénateurs réellement présents n'étaient que quelques dizaines (pour un vote acquis par 216 voix contre 103 et 5 abstentions ! ), on devine le travail de retape intervenu entre le vote en commission et le vote en séance, et la danse du "vote pour les absents" qui l'a complété. Grandiose assemblée, où les "contre", y compris Josselin de Rohan, ont été de très loin les plus nombreux à s'exprimer.
(Lire le compte rendu analytique du Sénat) . [Attention, ce compte rendu analytique (officiel) est publié en plusieurs parties, séparées par des éléments sans rapport direct avec le débat : cliquer deux fois sur la flèche droite en fin de première partie pour passer à la suite, où droits des femmes et des langues se mélangent un moment].